D’ordinaire, ils scandent les chants dans les enceintes sportives et arborent fièrement les couleurs de leur club, aujourd’hui, les groupes de supporters patientent… Pour mieux les comprendre, mesurer leurs attentes et déterminer la manière dont ils appréhendent le retour dans les stades, l’Agence Outside part à leur rencontre. Entretien avec Raymond Bromberger, président du club de supporters les 3A de l’ASVEL Lyon Villeurbanne évoluant en Jeep Elite.

Agence Outside : Pouvez-vous présenter le club de supporters des 3A ? 

Raymond Bromberger : Il s’agit d’une association loi 1901, fondée en 1995. Au départ, c’était un club plutôt standard, dans le sens où nous avions un kop et des sympathisants. Mais il y a sept ans, il y a eu une séparation du kop. Avant, nous avions une partie des 3A qui se nommait les Astrogones et maintenant comme nous nous sommes divisés, il y a un autre club qui s’appelle les Green Gones. En conséquence, nous n’avons plus de kop ce qui est plutôt atypique dans le monde des supporters de basket. Nous sommes donc dispersés un peu partout dans la salle. Nous faisons partie de l’Union Nationale des Clubs de Supporters de Basket (UNCSB), une association qui regroupe tous les clubs de supporters de basketball de Jeep Elite, Pro B, Nationale et Féminines. L’UNCSB a aussi créé il y a environ un an le kop France, le club de supporter de l’équipe de France.

A.O : Combien de matchs de votre équipe allez-vous voir à domicile et en extérieur ?  

R.B : Évidemment je vais voir tous les matchs à domicile. En plus de ça, je suis abonné à l’ASVEL féminin, j’assiste aussi à leurs rencontres. Concernant les matchs joués à l’extérieur, nous organisons quelques déplacements. Nous participons à tous ceux qui sont proches de chez nous comme pour Chalon-sur-Saône, Dijon, Bourg en Bresse et Roanne. Nous allons aussi voir des matchs dans des salles ou le club de supporters est adhérent à l’UNCSB (Périgueux, Limoges…).  L’ASVEL organise aussi des déplacements notamment en fin de saison pour les Playoffs, nous, nous ne faisons alors que regrouper nos adhérents.

Cette année nous devions aller à Milan pour l’Euroligue, pas de chance, c’était le 27 mars…

A.O :  Appréciez-vous les animations présentes dans la salle ? Vous paraissent-elles essentielles pour redonner de la vie aux matchs ? 

R.B : Il n’y a pas énormément d’animations et étant donné que nous sommes abonnés, nous avons toujours les mêmes. Avoir de nouvelles choses c’est sympathique mais je ne suis pas sûr que ça joue beaucoup, en tout cas, pour nous, les abonnés. Le basket c’est  familial. Nous avons un endroit ou nous pouvons nous retrouver en fin de match pour boire un coup et un joueur vient nous voir. C’est un moment bien apprécié !

« Le seul soucis que nous avons est de savoir quand nous pourrons nous retrouver à l’Astroballe »

A.O : Pendant la crise sanitaire, comment maintenez-vous un lien avec l’ASVEL ? 

R.B : Je garde toujours un lien grâce au compte Facebook de l’ASVEL mais aussi grâce aux forums. L’actualité est très calme dans le sens où nous n’avons pas encore de réponse de la Ligue quant à la saison 2019-20, et j’ai bien peur que nous jouions à huis-clos le début de saison 2020-2021…C’est vraiment l’inconnu pour savoir quand et dans quelles conditions aura lieu la reprise : ça risque d’être difficile. À côté de ça, nous ne savons pas qui va retransmettre les matchs puisque RMC Sport était le diffuseur mais son contrat se termine fin juin.. En cas de rencontres disputées à huis-clos il faudra bien que les matchs soient diffusés quelque part. Pour les recrutements, il n’y a eu aucune annonce non plus. Nous ne savons pas ce qu’il va se passer pour la fin de saison, les clubs qui doivent monter ou descendre… Pour l’ASVEL cela n’a pas d’incidence mais pour d’autres clubs c’est important. Je ne voudrais pas être dirigeant en ce moment, nous le seul soucis que nous avons est de savoir quand nous pourrons nous retrouver à l’Astroballe et avec quelle équipe !

A.O : Que pensez-vous d’un potentiel retour dans les stades avec la mise en place des règles sanitaires (gestes barrières, distanciation sociale, …)

R.B : De toute façon, nous n’allons pas tout arrêter, nous serons vigilants. Si les autorités  décident de limiter le nombre de spectateurs ou si nous devons respecter la “distanciation sociale”, si nous occupons un siège sur deux, la salle va paraître vide…d’autant plus que les sièges des salles sont proches et petits. Je comprends que la situation soit très compliquée.

« Nous serons là pour supporter notre équipe »

A.O :  Si le gouvernement autorise un retour du public dans les enceintes sportives irez-vous supporter votre club ?

R.B : Bien sûr, du club de supporters des 3A, tout le monde va revenir. Et nous serons là pour supporter notre équipe, comme depuis plus de 50 ans pour certains !

📸 Facebook LDLC ASVEL | © Infinity Nine Media / Gautier Stranget