La Coupe du Monde de football féminine de 2019, organisée en France, a insufflé une nouvelle dynamique dans le monde du sport. Les succès récents des sportives tricolores – tous sports confondus – et l’intérêt que le public y porte laissent entrevoir de nombreuses opportunités pour l’avenir. Alors, quelle direction le sport féminin prend-il en France ? Comment asseoir la mixité dans le sport ? Comment les acteurs du secteur sportif s’emparent-ils de ce phénomène ? Que mettent-ils en place pour valoriser le sport féminin ?

Perrine Lafont, Eugénie Le Sommer, Chloé Trespeuch, Sara Balzer, Caroline Garcia, Amandine Henry, Wendie Renard, Estelle Yoka Mossely, Justine Dupont, Marie-Amélie Le Fur, Charlotte Bonnet ou encore Allison Pineau… Derrière ces noms se cachent de grandes sportives aux parcours inspirants. Toutes excellent dans leurs disciplines et contribuent chaque jour à faire évoluer les mentalités sur un sujet bien précis : le sport féminin.

Au fil des années, les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’adonner à une pratique sportive. Cette croissance se reflète dans le monde du sport professionnel où les grandes instances opèrent des changements pour tendre vers la parité.

Évolutions du sport féminin en chiffres
Des compétitions 100 % féminines 

De plus en plus d’organisations sportives misent désormais sur le sport féminin en faisant des efforts pour le faire progresser. Dans cette logique, les grands événements sportifs, mettant en valeur les athlètes, se multiplient.

Le Trophée Roses des Sables

Depuis 2001, des femmes parcourent le Maroc au volant de leur 4×4, SSV ou en solo pour les motardes et quadeuses dans une compétition qui leur est entièrement dédiée. Objectif : respecter les contrôles de passage obligatoire au fil des étapes quotidiennes en s’appuyant sur un road-book et une boussole. La course de rallye-raid oeuvre pour les enfants de la région. 

Fed Cup

La Fed Cup est la plus importante compétition féminine de tennis par équipes au monde.

Tournoi des VI nations

Depuis 1996, le rugby propose une version féminine du tournoi. En 2018, la France a remporté la compétition en réalisant un Grand Chelem. Avec un palmarès de 14 victoires, l’Angleterre est le leader historique de la compétition. Les Bleues arrivent en deuxième position avec 6 victoires au compteur dont 5 en Grand Chelem. Elles sont suivies par les irlandaises et leurs 2 victoires.

L’équipe de France de Football 

Après la participation au mondial des Bleues, le nombre de licenciées a considérablement augmenté, franchissant, en 2020, la barre des 200 000. En mars, l’Équipe de France féminine de football a remporté la première édition du Tournoi de France, une nouvelle compétition amicale opposant plusieurs équipes du top 10 mondial. 712 000 téléspectateurs en moyenne ont suivi la dernière rencontre retransmise sur W9.  

Tour de France féminin 

L’organisateur de la Grande Boucle, A.S.O, a annoncé sa volonté de relancer un Tour de France féminin en 2021 dans l’objectif de s’adresser à un plus large public. Épreuve initiée dans les années 80, la Grande Boucle Féminine avait pourtant disparue en 2009.

Des initiatives pour la promotion du sport mixité 

Outre les événements sportifs, les clubs, ligues et fédérations cherchent à valoriser le sport féminin en sensibilisant leur audience au respect de la mixité via différents moyens. 

La Fondation Alice Milliat 

Créée en mars 2016, La Fondation Alice Milliat, est la première qui agit en faveur de la médiatisation et de la promotion des pratiques sportives féminines en Europe.

L’Olympique de Marseille affronte le sexisme 

En amont de la Journée internationale des droits des femmes, l’OM a regroupé lors du match contre Amiens SC, près de 200 femmes issues d’univers différents dans une tribune présidentielle exclusivement féminine. Le coup d’envoi a d’ailleurs été donné par deux femmes membres des groupes de supporters de l’équipe. Juste avant la rencontre, le club a également signé la charte « Bye Bye sexisme » portée par l’ONG Business Professional Women, qui lutte contre le sexisme et vise à améliorer les conditions de traitement des femmes en entreprise. 

UEFA x The Walt Disney Company 

L’UEFA et The Walt Disney Company ont lancé le programme “PlayMakers”. Le concept consiste à mêler les histoires et personnages de Disney autour du football. Le but est, notamment, d’encourager plus de filles à pratiquer une activité physique et à susciter une passion pour le ballon rond dès le plus jeune âge.

“Buts pour Elles” de la Française des Jeux 

La FDJ, devrait poursuivre son partenariat avec quatre clubs de football via l’opération “Buts pour Elles”. Entre la 27ème et la 30ème journée de Ligue 1 Conforama, 800€ seraient collectés pour chaque but marqué par l’Olympique Lyonnais, l’Olympique de Marseille, l’AS Monaco et le FC Nantes. Ces fonds seraient redistribués à 8 projets axés autour du football féminin au sein de clubs amateurs. Camille Abily (OL), Valentin Rongier (OM), Wissam Ben Yedder (ASM) et Alban Lafont (FCN), devraient parrainer cette nouvelle édition.

Média : une montée en puissance du sport féminin 

Depuis 2015, de plus en plus de grands événements sportifs féminins font leur apparition sur les chaînes télévisées. En 2017, les handballeuses tricolores avaient déjà réussi, à réunir 4,3 millions de téléspectateurs lors de la finale du mondial les opposants à la Norvège. 

Les audiences fulgurantes de la Coupe du Monde de football 2019 marquent un tournant dans la médiatisation du sport féminin. Parmi les meilleures audiences télévisuelles de 2019, tous programmes confondus, quatre matchs des Bleues arrivaient aux cinq premières places du classement, avec une moyenne oscillant entre 9,4 et 10,7 millions de téléspectateurs : la plus forte de l’année étant pour le quart de final opposant les Pays-Bas aux États-Unis. Ces chiffres illustrent l’engouement naissant du public pour le sport féminin. 

Du côté des équipementiers et sponsors, le sport féminin représente aussi un enjeu colossal puisqu’il est vecteur de valeurs fortes. S’associer à l’image des sportives séduit d’ailleurs de plus en plus les marques qui en font leurs égéries. L’émergence de médias dédiés à la féminisation du sport comme Les Sportives, Foot d’Elles ou encore Women Sports prouvent qu’il y a une audience en quête d’informations et un besoin d’échanger, de partager sur la thématique. En parallèle, le sport féminin facilite la mise en lumière des problématiques sociétales et permet d’alerter sur les violences sexistes ou sexuelles, la parité et bien d’autres causes… Pour les femmes elles-mêmes, le sport serait une opportunité d’évoluer dans la société et de s’émanciper.

Pour autant, trop peu de compétitions et de championnats féminins figurent dans le paysage médiatique qui ne représente que 20% de l’audience totale. Le sport féminin est encore synonyme d’anonymat malgré les initiatives menées par quelques fédérations, ligues et clubs.

Le sport féminin se dessine un bel avenir. Sur plusieurs plans, il s’agit d’une occasion pour les athlètes, les acteurs du sport business et le public de construire un nouveau modèle répondant aux enjeux actuels de notre société. La professionnalisation du sport féminin engendre de multiples bénéfices et son évolution, un impact positif. De plus en plus de femmes ont une pratique sportive et certains clubs, ligues ou fédérations en font un axe de développement prioritaire. Les sportives parviennent peu à peu à se hisser en haut de la pyramide même s’il reste encore beaucoup à faire pour pouvoir parler de sport mixité.